Je me rappelle que, ce jour-là, JDB avait projeté des diapositives de ses installations, dont je n’ai plus aucun souvenir, et pourtant je me souviens d’une réflexion qu’il avait eue sur un voyage en Europe de l’Est, dont il rentrait à peine. Il avait trouvé l’atmosphère particulièrement pesante du fait que l’affichage publicitaire soit interdit dans ces pays, communistes à l’époque (je me rends compte qu’en 1995 beaucoup de pays s’étaient déjà émancipés de ce régime politique, JDB avait dû faire ce voyage six ou sept ans auparavant : il faudra que j’écrive un billet sur la mémoire !). Même s’il était en face d’un auditoire de jeunes étudiants qui s’apprêtaient à devenir des designers et peut-être même des publicitaires à dents longues, nous avions tous l’intime conviction que l’affichage publicitaire dans nos belles villes développées occidentales agissait comme une pollution visuelle. Eh bien, à présent, je suis plutôt d’accord avec toi, JDB !
La crise de l’affichage publicitaire à mes yeux symptomatise l’effet de la crise mondiale à Maputo. Il faut savoir que le Mozambique est aussi un ancien pays communiste, avec encore certaines fêtes inscrites au calendrier (comme celle des enfants**), et que le Frelimo, le parti politique qui est toujours au pouvoir depuis la déclaration d’indépendance (le 25 juin 1975), a su s’adapter à notre bonne vieille économie de marché sans toutefois oublier de tout verrouiller, comme à l’époque où les dirigeants de ce parti entonnaient l’« Internationale ». À présent, le président Armando Emílio Guebuza (AEG) dirige le pays tranquillement tout en étant à la tête de plus de cent entreprises dans le pays (Silvio B., prends-en de la graine !). AEG a affirmé en 2009 que la crise n’avait eu aucune incidence sur son pays, comme un certain nuage de Tchernobyl qui avait eu la bonne idée de ne pas franchir les frontières françaises.
Pour vous rendre compte par vous-mêmes de la tristesse ambiante, j’ai photographié récemment quelques panneaux publicitaires vides ou à l’abandon (ou encore de la dernière campagne électorale présidentielle), sur lesquels je n’ai pu m’empêcher de rajouter un peu de ma joie de vivre qui me caractérise tant : « A CRISE DA AFIXAÇÃO PUBLICITÁRIA ».
* Je n’ai pas osé demander à JDB d’être mon ami sur Facebook. Si vous désirez l’inviter à être votre ami, j’ai mis un lien sur son profil. Faites-lui bien savoir que je n’ai rien contre lui et que j’accepterais avec honneur une invitation de sa part sur le réseau social que nous adorons tous.
** Vous aurez pu remarquer comme je dérape facilement d’un sujet à un autre, avec de temps en temps des liens assez douteux entre les thèmes. Eh bien, en voici encore un. Je vous invite à vous rendre sur le site de MC Roger, une icône du bling-bling sans complexe (uma instituição aqui!). Ce dernier fait trémousser dans ses clips des jeunes filles habillées très légèrement (peut-être même pas encore majeures !) et chante à la gloire de son bien-aimé président Armando. L’Unicef n’a pas trouvé mieux que de s’associer avec lui dans une campagne pour les droits des enfants, un “must” dans le genre (L’épouse de AEG, Maria da Luz Guebuza, a elle aussi soutenu le projet en tant que marraine).
À suivre : le billet « L’ami exotique (sur Facebook) »
Julien Albertini
© 2010 – Julien Albertini
Tags : affichage, Afixação, Armando Emílio Guebuza, électorale, campagne, Crise, enfant, fête, Jean-Daniel Berclaz, MC Roger, présidentielle, publicitaire, Publicitária, Tchernobyl
21 avril 2010 à 11 h 54 min |
[...] pour les droits des enfants supportée par l’Unicef en est sans nul doute la cause (voir : « A CRISE DA AFIXAÇÃO PUBLICITÁRIA ») ; effectivement, la personne en question travaille pour la célèbre organisation et je crois [...]